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20 février 2016

Historique 2015-2016

 En 2015/2016 nous avons lu chapitre après chapitre :

Le Développement, howard zinn,gilbert rist,développment,histoire d'une croyance occidentale,rutger bregman,histoire du progrès,une histoire populaire américaine
Histoire d'une croyance occidentale


de  Gilbert Rist, professeur à l'Institut de hautes études internationales et du développement  à Genève

Porté par l'affichage de bonnes intentions, le concept de « développement » a servi à légitimer d'innombrables politiques économiques et sociales, au Nord comme au Sud.
Gilbert Rist remonte le cours de l'histoire pour identifier les sources et racines de cette croyance, fait le point sur les théories et les stratégies qui, depuis la fin des années 40, ont prétendu transformer le monde et mettre un terme à la maladie, la misère et la faim.
Le discours sur la mondialisation a pris le relais.
En dépit des échecs du développement, aggravés par la mondialisation, c'est toujours la croissance, qui est censée apporter le salut. Le besoin de croire est plus fort que les doutes .
N'est-ce pas cela qu'il convient de montrer et expliquer ?

 1 juin, 19 h 30 au CREA

 

Nous reviendrons sur le livre de Gilbert RIST, sur le chapitre 15, sur sa conclusion pour faire la nôtre de sa lecture.

Enfin, il nous faudra finaliser le choix de livre(s) pour l'année prochaine.

Insistons encore sur la nécessité de privilégier l'intérêt pour le CEP aux préfèrences personnelles qui pourront toujours s'exprimer dans les présentations individuelles.

Tout cela prendra certainement tout notre temps.

Il nous restera à convenir d'une date et d'un lieu au mois de juin pour un apéritif de clôture de l'année.

 

 

1er juin

 

Clôture du livre de Gilbert RIST, Le développement, histoire d'une croyance occidentale.

L'auteur passe du constat que le développement a été la justification historique de l'imposition de la domination économique des USA au nom des bons sentiments, via les instances internationales, à la mise en cause de la croissance (autre nom du développement) puis à la miseen avant de son opposé la décroissance ; cette perspective ne le satisfaisant pas, il en vient àquestionner la théorisation de l'économie. Vaste problème, qui nécessite sans doute d'être formulé autrement, dans un autre paradigme, pour qu'une solution en soit possible.

Ce livre a intéressé, interrogé, appris et a été apprécié mais la répétition des épisodes historiques aurait pu être utilement réduite.

Nous avons aussi restitué cette lecture dans son cadre, c'est à dire l'objet du CEP, ses ambitions et ses limites : le CEP n'a pas vocation et ne peut répondre à toutes les attentes et questions que pourrait susciter son activité de découverte et partage de lectures d'intérêt politique. L'appétit vient en mangeant et cela indique que le CEP joue son rôle.

 

Choix des prochains livres

 La discussion a fait apparaître que certains souhaiteraient que nos lectures s’articulent plus avec des thèmes qui nourrissent les luttes politiques et sociales actuelles.

Jean François puis Yves ont rappelé l'objet du CEP : étudier LE politique et non tout ce qui relève de LA politique. Non pas que nous refusons ou ignorons ce champ de réflexion, mais simplement parce que ce n'est pas son projet et qu’il y a d’autres cercles pour cela. Rappelons donc que l’objet du CEP est d’aider chacun à s’informer pour se faire une opinion sur des bases solides, voire “éclairées”, dépasser les affects, les croyances et donc être mieux armé face aux défis intellectuels et idéologiques que pose notre époque pour essayer de comprendre comment et pourquoi, l’homme arrive à faire société – et comment et pourquoi, évidemment, bien souvent il n’y arrive pas.

Les outils sont les lectures transversales des travaux disponibles de certaines disciplines des sciences humaines et sociales, dont la philosophie politique, la sociologie, l'ethnologie,  l’anthropologie, l’histoire, le droit, la psychanalyse, l’écologie, l’économie… , c'est beaucoup, c’est à peu près tout et il nous faut bien admettre que le CEP n'arrivera pas à en faire le vaste tour.

 

Nous avons donc  convenu de nous écarter des nombreuses "dénonciations" du système etprivilégier des textes porteurs d'optimisme ou (et) d'espoir. Malgré leur intérêt, La stratégie du choc de Naomi Klein, les textes de David Graeber, Cornelius Castoriadis, Noam Chomsky, J. Ellul ou Alain Gras ont été mis de côté pour cette raison et nous avons choisi La renaissance des communs de David Boiler et Le pari de la décroissance de Serge Latouche. Ces deux livres (plutôt courts, en particulier le premier, mais denses) seront donc notre fil conducteur à partir de septembre prochain. 

Comme cette année, chaque séance sera composée du partage de la lecture de ces livres puis de la présentation d'un autre livre par chacun d'entre nous, à tour de rôle.

 

 18 mai

Olivier nous a rendu compte du chapitre 15 du "Développement".

 Tout ce que Gilbert Rist dit des objecteurs de croissance, de la nécessité de "décoloniser notre imaginaire", de la bêtise du calcul du PIB, de sa critique de "l'économisation du monde" est riche et passionnant. Il propose presque un slogan de remplacement à "la Décroissance" : plutôt "Sortir de l'Economisme".
En s'appuyant sur le livre de Bernard MARIS, "lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles" , G. RIST relève les dangers de l'économisation du monde. Autrement dit, l'économie ne ressort pas de la théorie et encore moins de celle qui est nommée "science économique". Ce propos, simple dans son énoncé, énorme dans ses conséquences, a engagé une discussion que nous avons dû interrompre faute de temps et que nous continuerons la prochaine fois.

 Hélène nous a parlé du livre de Paul ARIES "Le socialisme gourmand",

un peu d'optimisme ou du moins des propositions sans avoir besoin d'attendre le grand soir.

Le parcours militant de Paul Ariés, souligné par Nils, indique que cette volonté d'être optimiste dans un contexte qui n'y incite pas ne se substitue pas à son engagement politique radical mais signale des raisons et éloignées, différentes mais complémentaires des dénonciations habituelles pour continuer à agir et garder le moral.

 

4 mai

Clôture du livre de Georgescu Roegen : "Décroissance, Entropie, Ecologie, Economie"

Le concept d'entropie utilisé par l'auteur est daté et dépassé; son utilisation n'apporte pas grand chose à la thèse principale qui reste tout à fait d'actualité : une société qui consomme des ressources finies est vouée à sa perte, même si elle se contente de stabiliser sa démographie et sa production/consommation. N. G. Roegen conclut en affirmant que le seule société viable pour l'avenir serait une nouvelle société du bois. Au delà des multiples constats qui vont dans le même sens que N. G. Roegen, voilà une piste à explorer et penser.

Ensuite, nous avons noté les préférences des uns et des autres pour le choix d'un prochain livre commun. Nous reprendrons la discussion fin mai ou début juin à partir de cette liste.

Les critères du choix seront l'intérêt pour le collectif CEP, la transversalité du sujet, la lisibilité de l'écriture.

 13 avril

Nous avons renvoyé la clôture du livre de Georgescu Roegen à la prochaine fois le 4 mai.

La séance a été entièrement dévolue au livre de Claude et Lydia Bourguignon "Le sol, la terre et les champs", que Cécile nous a présenté :

L'agriculture d'aujourd'hui est dans une impasse. Son intensification n'a pas été capable d'arrêter la famine mais elle a épuisé des millions d'hectares de sol et dégradé la qualité nutritive des aliments. Le paysan devenu exploitant agricole doit maintenant devenir un véritable agriculteur qui, pour la première fois dans l'histoire, cultivera la terre sans l'éroder, en l'aimant et en la respectant, comme un être vivant.

 Sujet très intéressant, la discussion a été vive et amicale.

 

6 avril

Bernard  :  le chapitre XI du "LE DEVELOPPEMENT",

Le mélange du réalisme et des bons sentiments.

  Yves  : La décroissance. Entropie, écologie, économie, de Nicholas Georgescu-Roegen

Georgescu-Roegen rappelle le deuxième principe de la thermodynamique, selon lequel l’énergie d’un système clos tend inéluctablement à la dégradation thermique, son entropie aux dépens de l'extérieur. Il rappelle aussi que le processus économique matériel ne peut se répéter et s’accroître indéfiniment dans un monde où l'énergie (flux solaire et énergies qui en sont dérivées) et les matières premières sont limitées.

Le recyclage, la découverte de procédés de production sobres en énergie, ralentiront certes la pénurie, mais ne permettront pas pour autant de faire face aux millénaires à venir.

Les controverses sur les héritages de Georgescu-Roegen restent intenses.

Les discussions ont été vivantes et animées, nous n'avons pas été au bout et y reviendrons à la prochaine séance.

La thèse de Roegen ne fait pas l'unanimité :

d'une part, sa conception de l'entropie est datée et dépassée, d'autre part, ce concept valide pour certains domaines scientifique peut-il être utilisé dans d'autres ? Ce problème d'adéquation des méthodes à leurs objets est récurrent dans les débats de toutes sortes. La discussion a eu le mérite de mettre le doigt dessus.

Enfin, N. G. Roegen mélange allégrement les temporalités humaines et géologiques.

Il n'en reste pas moins qu'il pose de réels problèmes que l'humanité devra affronter, qu'elle le veuille ou non, même si son argumentation peut être contestée.

 

le 23 mars

Bernard :  d'Alain SUPIOT :

La gouvernance par les nombres, Paris, Fayard, 

dont on peut trouver un résumé sur le site du collège de France :
http://www.college-de-france.fr/media/alain-supiot/UPL233...

Du gouvernement (éventuellement démocratique) à la gouvernance.

L'imposition d'une nouvelle autorité supérieure, la quantification, évacue la possibilité de débattre et même d'imaginer débattre, pour remplacer le gouvernement par la technique des nombres (la gouvernance) et s'affranchir de la démocratie.
C'est absolument passionnant et éclairant, recoupant des points que nous avons déjà abordés dans nos lectures : l'histoire des idées, l'imposition d'une politique par les institutions internationales ou le rapport entre gouvernement et autorité.

Nous avons ensuite débattu du choix de nos prochaines lectures

Cette discussion sera reprise le 4 mai

 

Le 9 mars :

Jean-françois : Gilbert Rist, Le développement, histoire d'une croyance occidentale.

chapitre 10, L'environnement ou la nouvelle nature du "développement".

 A la suite du renversement de perspective décrit dans le chapitre 9, une approche économiciste (l'ajustement structurel) de la politique est conduite par les instances internationales (FMI, banque mondiale).

Les problèmes environnementaux amènent la commission Brundtland et la conférence internationale de RIO  à utiliser le concept de "développement durable", oxymore diplomatiquement correct qui aura un grand succès gràçe à son ambiguïté : Faut-il comprendre développement qui puisse être supporté par l'écosystème ou faire durer éternellement le développement, c'est à dire la croissance ? La seconde interprétation semble être dominante.

Au cours de ce chapitre, Gilbert Rist signale (entre autres) deux textes importants : "Demain la décroissance. Entropie, écologie, économie" de Nicholas Georgescu Roetgen et le rapport du club de Rome.  Deux textes très différents qui sont un effort et une tentative réellement scientifiques pour comprendre l'état du monde.

 Rémy : TAZ, de Hakim Bey (Rémy)

TAZ : Zone Autonome Temporaire.

 

On peut le télécharger librement car l'auteur pense que la culture doit être libre et accessible.

 

Hakim Bey, fait une référence historique à la piraterie, développe le concept d'invisibilité, ses principes d'être et d'action libertaires.

Le contenu « recherche personnelle »  et la radicalité de TAZ ont convenu à quelques uns mais certains ont estimé que le discours de Hakim Bey est assez confus, enfin d'autres y ont vu une apologie revendiquée d'une forme de parasitisme social.

La discussion a ensuite porté sur diverses formes de contestations radicales, l'anarchisme, le situationnisme ; nous aurions pu aussi aborder cela en renvoyant à un questionnement sur l'état de notre société, l'histoire des mouvements sociaux, la désespérance de la jeunesse - et pas qu'elle… sur l'approfondissement du fossé entre générations, etc.

 

 

Le 17 février 

Yves : Gilbert Rist, Le développement, histoire d'une croyance occidentale.

Chapitre 9, Le triomphe du tiers mondisme

Comment dans les années 70 le monde est passé des mouvements de "libération" à la volonté -au moins des dirigeants -de s'intégrer au système économique mondialisé, sous les auspices de l'ONU et des différentes instances internationales. Un moment bascule dans l'histoire récente.

ETAT PROVISOIRE? SITE EN COURS DE REALISATION :

Ticlo à présenté une résumé de "De la source principale des croyances chez les peuples démocratiques" du livre II De la démocratie en Amérique par Alexis de Tocqueville 

"L'injustifiable et l'extrême" manifeste pour une philosophie appliquée d'Alain Renaut  (Nils)

 "Le Don" de Marcel Mauss  (Yves)

"L'empire" de Toni Negri  (Luca)
L'empire et multitude, la démocratie selon Toni Negri par Anne Herla
Le contre-empire attaque, interview avec Toni Negri sur Vacarme

 "L'Histoire du Progrès" par Rutger Bregman  (Peter)

"Paix et désarmement culturel" de Raymond Panikaar.  (Cécile)

"Le bilan de l'intelligence" de Paul Valéry, conférence tenue en 1935. (Bernard)



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